
17 décembre 2025
Le chien d’assistance peut représenter un soutien majeur vers plus d’autonomie pour les personnes en situation de handicap, qu’il soit visible ou invisible. Pourtant, ce projet soulève de nombreuses questions : reconnaissance administrative, cadre légal, formation du chien, responsabilités humaines et respect du vivant. Cet article propose un éclairage global pour mieux comprendre les enjeux, les droits et les étapes essentielles avant de s’engager.
Handicap visible ou invisible : reconnaître les réalités, comprendre les besoins
Le chien d’assistance est un levier thérapeutique qui peut être utile pour retrouver de l’autonomie lorsque la personne est reconnue comme handicapée par l’administration, que ce handicap soit visible ou invisible.
Par définition, le handicap est une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société subie en raison d’une altération d’une fonction ou d’un trouble de santé invalidant. Le handicap visible est généralement plus respecté et entendu par la société : la personne, souvent en perte de mobilité ou de déficiences lourdes, n’a jamais à se justifier.
Le handicap invisible engendre généralement plus de jugement et de nécessité de justification car il prend une multitude de formes. Il peut être psychologique, neurologique, traumatique… évolutif ou permanent et donc parfois chronique ou non.
Chiens d’assistance : entre loi, formation et accompagnement humain
Ce que dit la loi sur l’accès des chiens d’assistance : l’article R.241-22 du code de l’action sociale et des familles prévoit une peine d’amende pour les personnes qui refuseraient le libre accès aux espaces publics des chiens-guides et chiens d’assistance en contravention avec la loi :
« L’interdiction des lieux ouverts au public aux chiens guides d’aveugles et aux chiens d’assistance mentionnés à l’alinéa 5 de l’article L. 245-3, qui accompagnent les personnes titulaires de la carte d’invalidité mentionnée à l’article L.241-3, est punie de l’amende prévue pour les contraventions de 3e classe. »
Un manque d’encadrement des formations
Qu’ils soient en formation ou certifiés, les droits du chien d’assistance ou d’aveugle sont les mêmes dans les lieux publics.
Pour être dans les règles :
- le bénéficiaire doit pouvoir présenter une Carte Mobilité Inclusion (CMI) délivrée par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).
- Le chien doit avoir une carte d’identification d’assistance délivrée par le formateur.

La loi reste très floue sur l’attribution ou la formation de ces chiens, qui dépend d’associations avec des fonctionnements très différents.
La responsabilité de cette formation n’a pas d’objectifs précis dictés. Il est donc possible de former un chien par ses propres moyens, sans cadre précis au risque de mettre le chien et le bénéficiaire dans des situations d’échec. La perte de confiance mutuelle qui s’ensuit ne permettra pas de retrouver l’autonomie escomptée.
Certaines associations délivrent des chiens déjà formés, d’autres proposent un accompagnement pour la formation de chiens, après évaluation, par les bénéficiaires eux-mêmes (« owner training »).
Dans tous les cas, il est important de se faire aider par des professionnels adaptés qui puissent comprendre le handicap et les besoins qui en découlent, ainsi que s’adapter à l’humain pour permettre un travail efficace et adapté chez le chien.
Un projet de vie à construire pas à pas
Le chien d’assistance est un projet lourd qui n’est pas une solution universelle ; le respect quotidien des besoins de l’animal doit rester au centre de cette formation et ne peut être mis en arrière-plan pour servir l’humain.
Le bénéficiaire doit être en capacité de comprendre et faire évoluer son chien dans le temps. Il doit tenir compte du fait que la formation de son chien même certifié ne sera jamais terminée car le vivant est toujours en évolution.
D’un point de vue financier, il doit être capable de répondre aux besoins vétérinaires, alimentaires, matériels et sécuritaires. Concernant le coût de la formation, toutes les associations ont, elles aussi, des fonctionnements différents et des financements particuliers.
En bref, mon conseil : ne grillez pas les étapes.
- Avoir la CMI qui fait de vous une personne reconnue comme handicapée
- Contacter des associations spécialisées dans votre handicap pour pouvoir vous diriger vers une association qui vous corresponde. N’hésitez pas à comparer et échanger avec des bénéficiaires de ces associations pour vous faire une idée.
- Contactez un/e éducateur/trice comportementaliste canin pour comprendre ce qu’avoir un chien implique. Il/elle pourra vous aider dans votre projet d’adoption responsable ou pour évaluer votre chien de famille sur la faisabilité du projet. Vous devez vous sentir en confiance avec lui/elle.
- Prenez votre temps : c’est un projet de vie à construire pas à pas. Intégrez toutes les informations qui pourront vous rassurer dans ce projet et évaluez vos points forts et points faibles pour trouver des solutions satisfaisantes.
- Toutes les associations sont très sollicitées. Ne prenez pas un refus comme personnel et envisagez toutes les autres pour maximiser vos chances d’admission.
- L’acquisition d’un chien à la hâte ne vous rendra pas service dans ce projet : ils ne sont pas égaux et ne seront pas forcément adaptés à votre handicap et à vos besoins, d’où l’intérêt de vous faire accompagner.
Liens utiles (liste non exhaustive) :
Quelques associations :
https://association-cyno-sens.fr/association/
Educatrices/éducateurs canin :
En bretagne : https://www.tontoncroquette.fr/courses/chiens-d’assistance
En Savoie : https://educationcaninepositive73savoie.fr/
Et bien d’autres sur MFEC.fr

