
15 juin 2026
En éducation positive, on ne peut jamais dire « non »
Bien sûr, c’est faux ! L’éducation canine positive ne proscrit aucun mot de son vocabulaire. Nous avons déjà vu dans un article précédent que l’éducation positive n’avait pas vocation à être laxiste.
En revanche, il est intéressant de se pencher sur la valeur du « non » lorsqu’on l’utilise à des fins éducatives sans apprentissage au préalable. Si on parle de manière purement pragmatique, le « non » seul n’a aucune valeur. Pas plus que le mot « cacahuète » ou « tondeuse ». Si on se met à la place d’un chien, imaginons que vous vous retrouviez dans un pays étranger. Pour que la comparaison soit d’autant plus juste, vous ne savez pas dans quel pays vous vous trouvez.
Que veut dire ce mot, utilisé tous les jours, sans contexte précis ?
Imaginons maintenant que, ne connaissant aucune des coutumes et des codes locaux, vous expérimentiez votre séjour comme si vous étiez chez vous. Parfois, vous entendez “だめ”, dit sur un ton très neutre, quand vous voulez entrer quelque part, ou prendre un certain objet, ou après avoir posé une question. Ce mot est utilisé dans plusieurs contextes différents, par n’importe qui, tant qu’au final, vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’il peut pouvoir dire (sauf si vous parlez japonais !) : « merci »? « bonjour » ? « peut-être » ? « oui » ? « cacahuète » ?! Finalement, vous n’avez rien appris.
Maintenant, reprenons les mêmes situations, mais avec cette fois, des “だめ!” prononcés de manière bien plus… virulente. Vous essayez de vous servir au restaurant, on vous tape sur les mains en hurlant “だめ!” ; vous essayez de rentrer dans un bâtiment, on vous repousse en hurlant “だめ!” ; vous vous apprêtez à vous asseoir dans un lieu public, on arrive en hurlant “だめ! だめ!” sur vous. Des cris, de la colère, parfois des menaces physiques. Vous ne savez toujours pas ce que veut dire le mot “だめ” ; ce que vous appris en revanche, c’est qu’il est souvent accompagné d’actes peu sympathiques et qu’il y a de grandes chances pour que vous ayez une certaine appréhension à entendre ce mot être prononcé. En fin de compte, vous ne savez toujours pas ce qu’il est acceptable de faire dans un restaurant, vous ne savez pas dans quel(s) bâtiment(s) vous êtes autorisé.e à entrer et vous ne savez pas où est-ce qu’il est autorisé de s’asseoir en extérieur. Vous savez à peu près ce qu’il ne faut pas faire, sans avoir aucune idée de quoi faire à la place. Vous avez appris à craindre un mot et à vous méfier. Des gens, de ce que vous pourriez faire, ou non. Vous appréhendez. Vous n’osez plus.
C’est exactement ce qu’il se passe avec le « non » et votre chien.ne. Ce n’est pas le mot en lui-même ici qui va nous poser souci, mais ce qu’il véhicule : les cris, la voix haussée, ou pire, les gestes.
Instaurer des limites et des interdictions de façon cohérente
Il est essentiel de comprendre que « éducation positive » ne signifie pas « absence de cadre ». Bien au contraire. Les chiens ont besoin de repères, de limites cohérentes et stables pour se sentir en sécurité. L’éducation positive ne proscrit pas les interdictions.
L’éducation positive pose ce cadre sans intimidation ni rapport de force. On remplace la contrainte par la compréhension, la punition par l’encadrement, l’autoritarisme par la communication, et quand le contexte le permet, la restriction par le choix. L’éducation positive ne supprime pas le « non » : elle le réoriente. Elle cherche un « non » utile, un signal compréhensible, qui informe et accompagne plutôt qu’un « non » qui effraie ou qui casse la relation.
Elle va baser son essence sur le fait d’encourager l’apparition de comportements attendus qui vont être renforcés, assez renforcés pour que les individus trouvent plus d’intérêt à réaliser ce qu’on attend d’eux plutôt que quelque chose d’interdit.
Voir aussi : les autres idées reçues sur l’éducation canine positive

